Samedi 9-16-23 novembre – 20h30
Dimanche 10-17-24 novembre – 16h30

Création Daniel Charlot

Du 23 au 25 vendémiaire an II (ou du 14 au 16 octobre 1793) a eu lieu le procès de la ci-devant reine, confié à un tribunal révolutionnaire.
La jeune République, qui a soulevé tant d’espoirs, souhaite sincèrement un changement de société. Mais que pour que l’ancien monde disparaisse, il faut éliminer le précédent ! Après le roi, la reine est le dernier symbole de la royauté, et son jugement a lieu aux pires excès de la tourmente.
La reine coquette du Trianon est devenue le fantôme de la Conciergerie, alors on accuse en elle l’étrangère et la femme.
Le texte du spectacle s’appuie sur les minutes du procès publié en 1793.

Pourquoi ce choix?

Ce texte, écrit bien avant les évènements actuels des « gilets jaunes » se revendiquant de la révolution de 1789, n’a pas pour intention de réhabiliter la royauté ni de raconter les années 1789-1795 de cette révolution.
Au départ, je souhaitais retranscrire théâtralement le procès de Marie-Antoinette, tel qu’il s’est déroulé, mais il est difficile de le comprendre si on ne l’inclue pas dans le bouillonnement de cette année 1793 qui débute par la mort du roi.
J’ai voulu mettre en avant le destin d’une de ces femmes dites « privilégiées ».
Or, dans l’histoire, les reines n’ont été considérées que comme des ventres qui devaient assurer la succession des dynasties. Elles étaient mariées, souvent enfant (Marie-Antoinette a 14 ans quand elle arrive en France) pour agrandir un territoire ou garantir des tentatives de paix. Elles étaient des pions.
Ce qui m’a intéressé, c’est cette reine déchue qui va du trône à l’échafaud, prise dans la tourmente, aux pires excès de la révolution, comme tant d’autres avec elle, après un procès sans aucune preuve réelle à l’époque. Elle est condamnée d’avance car reine et de plus étrangère. Et pour mieux l’abattre, on accuse la femme des pires turpitudes, y compris celles en tant que mère.
Cette révolution, portée par les espoirs et les discours de ceux qui souhaitaient sincèrement un changement de société, débouche dès 1792 sur le paroxysme sanguinaire de 1793.
Un monde disparaissait et l’autre ne pouvait apparaître qu’en éliminant le précédent.

Christiane CHARLOT

Tarif : 16€/12€/7€