Vendredi 04 – 11 – 18 mars – 20h30
Dimanche 06 – 13 – 20 mars – 16h30

Adaptation : Hervé Boudin

Heinrich Von Kleist est né à Francfort sur l’Oder le 18 octobre 1777, dans une famille de militaires. Lui-même entre dans l’armée prussienne qu’il quitte pour faire des études universitaires. Tenté pendant un temps de s’engager dans l’armée française, il n’en est pas moins opposé à Napoléon, ce qui lui vaut quelques déboires. Il se fait connaître par ses œuvres théâtrales et la postérité le situe désormais aux côtés de Goethe  et de Schiller. Après une vie sentimentale troublée, il rencontre une femme mariée avec laquelle il se suicide le 21 novembre 1811 non loin de Postdam.
En France, tout le monde connaît le nom Kleist grâce l’interprétation  de Gérard Philipe dans le rôle de  Frédéric du « Prince de Hombourg »en 1953, création qui a fait date dans l’histoire du festival d’Avignon.
On connaît peut-être moins  d’autres drames comme « Catherine de Heilbronn » ou « Penthésilée » et sans doute moins encore la comédie intitulée « La cruche cassée »
Toutefois, par-delà les différences de genre, toutes les pièces de Kleist abordent le thème de la culpabilité.
Il fallait donc à l’auteur beaucoup d’habileté pour oser faire une farce qui traite d’un sujet aussi grave de façon bouffonne. Farce tragique, qui le situe, à bien des égards, comme l’un de précurseurs du théâtre de l’absurde.  
C’est ainsi que le personnage d’Adam, bien que juge, a des accointances avec les forces démoniaques. Adam, la chute d’Adam, c’est bien sûr la faute du premier homme. De même, cette cruche cassée pour laquelle a lieu de procès semble à bien des égards la représentation de la vertu d’Ève, fille de dame Marthe.
L’adaptation de la pièce a été faite pour lui laisser le maximum de fluidité tout en lui conservant les marques historiques qui en font le charme. Point n’est besoin de connaître l’Histoire de la Hollande pour suivre la logique implacable qui donne au juge le pouvoir de créer un coupable, comme on peut le voir dans la gravure de Le Veau faite à partir du tableau de Philippe Debucourt, gravure que Kleist avait découverte lors d’un séjour à Berne : Le juge siège au tribunal. Devant lui, un jeune paysan, une vieille femme qui le désigne comme coupable et dans le fond, une jeune fille à la mine contrite, sans doute en raison du faux témoignage qu’elle vient de faire.

La comédie, on le sait, corrige les mœurs en riant. Elle dénonce, en tout cas ce que l’actualité met en évidence lors d’un scandale judiciaire.

Tarifs: 16€/12€