Ou ‘Mon histoire et bien d’autres’
Emmanuel Billy

Lecture-Spectacle avec Valérie Diome, Emmanuel Billy

Et les comédien·nes amateur·rices de l’Atelier Théâtre du Robec

A l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant et de la journée internationale de la lutte contre les violences faites aux femmes, la Troupe de l’Escouade en co-accueil avec le Théâtre de l’écho du Robec vous convie à une lecture-spectacle autour des violences intra-familiales

Chaque représentation sera suivie d’un temps d’échange et de réflexion encadré par des professionnels : Marie-Pierre Colombé (psychologue clinicienne), Capucine Darbois (pédopsychiatre) et Emmanuel Billy

Vendredi 20 et samedi 21 novembre 2026 à 20h
Dimanche 22 novembre 2026 à 16h

Ce texte tente de rendre compte du ressenti des enfants face aux violences dites intra-familiales ; Témoigner et faire entendre ces voix sourdes et inaudibles, les mots-maux des victimes collatérales de ces violences au sein du foyer.

Il ne s’agit pas d’un texte pédagogique qui tenterait de comprendre les problématiques, ni de justifier ou questionner la nature humaine qui pousse certain-certaines à se détruire, à détruire l’autre, les autres.

Il s’agit ici de faire de ces traumas et psycho-traumas, un espace de résilience artistique.

Nous sommes moins dans un docu-fiction théâtralisé ou un théâtre documentaire que dans une œuvre théâtrale qui tenterait de faire des blessures de ces victimes-enfants, un acte artistique.

Plein tarif : 16€
Tarif réduit : 13€ (- de 18 ans / Étudiants / Minima Sociaux / RSA / Demandeurs d’Emploi)

Réservation gratuite mais indispensable bientôt disponible
Réservation gratuite sur Billetweb non disponible pour l’instant

Les trois sœurs, la mère et le père

Nous étions trois filles à la maison et mon père et ma mère. Non ce n’est pas ça, pas tout à fait ça. Nous étions quatre femmes et un homme. Non pas ça non plus, pas au début. Au début il y avait ‘Lui’ et ‘Elle’ puis les trois sœurs-enfants. À cette époque, ‘Lui’ était violent avec ‘Elle’, par crise par moment, parce que ‘Lui’ c’était un déraciné, un expatrié, enfin un …
Alors par moment, il s’en prenait à ‘Elle’, la mère.
Le reste du temps c’était normal, une famille banale.
Puis il y a eu l’époque où les filles deviennent des femmes. Les trois sœurs ont grandi rapidement, par à-coups, et des hanches, et des seins, et de belles formes rondes. ‘Lui’ s’est beaucoup plus occupé alors des trois sœurs, moins d’Elle’ la mère, plus de nous.

Il jouait avec nous comme on joue à la poupée.
Il nous baignait, nous habillait, nous peignait, nous avions de bonnes tignasses. …
‘Lui’ s’occupait de ses trois filles mieux qu’une mère de ses enfants.
Quel luxe ! Quatre, non, trois femmes pour un homme.

Tous les soirs, il venait nous dire bonsoir, chacune notre tour bonne nuit.
Il était tour à tour et dans le même temps, le mari, le père et notre amant.
Si j’étais parent

-La naissance c’est comme une loterie
Tu choppes rarement le bon numéro… le numéro gagnant.

-On devrait avoir le droit de rejouer, le droit à plusieurs naissances… Choisir
Et si ça ne te plait pas, si t’es mal tombé, tu recommences.

-Moi si j’étais présidente, je choisirais pour chaque enfant une bonne famille, de bons parents.

-Être parents ça ne s’improvise pas ! Ça devrait pouvoir s’apprendre.

Rêves et cauchemars

Je suis dans mon lit comme cadenassée, impossible de bouger Ligotée, impossible de me détacher
Comme clouée au sol
Et au loin j’entends des pas, des pas de géants
Je ne sais pas qui il est, je ne le vois pas
Juste des pieds, des pas, des chaussures de géant
Il arrive sur moi
A chaque pas, se rapproche, un peu plus
Toujours plus près
Un géant avec des bottes de mille lieues, énormes

C’est la fin je le sais

Je vais être écrasée